Qu’est-ce qu’un rachat de crédit à la consommation ?
Définition et principe du regroupement de crédits
Vous avez plusieurs crédits en cours (un crédit auto, une carte de crédit renouvelable, peut-être un prêt personnel pour financer des travaux…) et vous avez du mal à vous y retrouver entre toutes ces échéances ? Le rachat de crédit à la consommation, aussi appelé regroupement de crédits, est peut-être fait pour vous !
Le principe est simple : un établissement financier va racheter l’ensemble de vos crédits en cours pour les fusionner en un seul et unique emprunt : au lieu de rembourser 3, 4 ou 5 créanciers différents chaque mois, vous n’aurez plus qu’une seule mensualité à honorer auprès d’un seul organisme.
L’objectif principal est donc de réduire le montant de vos mensualités en allongeant la durée de remboursement. Votre budget mensuel respire ainsi davantage, même si le coût total du crédit va légèrement augmenter puisque vous remboursez sur une période plus longue (le coût des intérêts sera donc majoré).
La loi encadre d’ailleurs strictement l’information transmise aux emprunteurs. Depuis le 1er janvier 2013, tout prêteur a l’obligation légale de vous préciser clairement si votre opération de regroupement entraîne un allongement de la durée de remboursement et/ou une hausse du coût total du crédit (loi n°2010-737 du 1er juillet 2010, relative à la réforme du crédit à la consommation).
Comment ça fonctionne ?
Prenons un exemple et imaginons que vous remboursiez actuellement :
- 150 € par mois pour un crédit auto ;
- 80 € par mois pour un crédit renouvelable ;
- 120 € par mois pour un prêt personnel travaux.
On obtient un total de 350 € par mois à jongler entre plusieurs organismes, avec des dates de prélèvement différentes et parfois des taux d’intérêt bien plus élevés que la moyenne (c’est notamment le cas des crédits renouvelables !).
Avec un rachat de crédit, un nouvel établissement va solder l’intégralité de ces trois crédits en une seule fois. En échange, il vous propose un nouveau prêt unique, avec une nouvelle mensualité généralement plus faible (disons 220 € par mois) mais remboursable sur une durée plus longue. Votre budget mensuel devient bien plus facile à anticiper.
| Bon à savoir :
Le rachat de crédit conso ne concerne que les crédits à la consommation (crédit auto, crédit renouvelable, prêt personnel, etc.). Si vous souhaitez inclure un crédit immobilier dans l’opération, on parle alors de rachat de crédits mixte. |
Quels types de crédits peuvent être regroupés ?
Crédits à la consommation, renouvelables, prêts personnels…
La grande majorité de vos crédits à la consommation peuvent être intégrés dans une opération de regroupement :
- le crédit auto ou moto : avec un prêt personnel ou un crédit affecté ;
- le crédit renouvelable (ou « revolving ») : c’est souvent le premier crédit qu’on a intérêt à intégrer dans un rachat puisque ses taux d’intérêt sont généralement bien plus élevés que les autres crédits ;
- le prêt personnel : pour des travaux, un voyage, un mariage ou tout autre projet ;
- les crédits affectés : c’est-à-dire les crédits liés à l’achat d’un bien ou d’un service précis (électroménager, mobilier, etc.) ;
- le découvert bancaire s’il est récurrent et pèse sur votre budget mensuel ;
- les dettes fiscales ou familiales (dans certains cas si l’organisme prêteur l’accepte).
À noter que chaque établissement a ses propres critères concernant les types de crédits qu’il accepte de racheter : pensez à contacter plusieurs organismes et à réaliser une simulation en ligne en amont !
Peut-on inclure un crédit immobilier dans un rachat de crédit conso ?
Oui, sous certaines conditions ! Lorsque vous incluez un crédit immobilier en cours dans votre opération de regroupement, on ne parle alors plus d’un simple « rachat de crédit conso », mais d’un rachat de crédits mixte (on dit aussi parfois « regroupement de crédits immobilier et consommation« ).
Mais dès qu’un crédit immobilier est intégré dans l’opération de rachat, celle-ci est soumise à la réglementation du crédit immobilier et non plus à celle du crédit à la consommation. Cela implique notamment un délai de réflexion légal plus long et parfois la mise en place d’une garantie (hypothèque ou caution) sur le bien concerné.
Quels sont les avantages du rachat de crédit conso ?
Une mensualité unique et réduite
C’est LE bénéfice le plus immédiat et le plus recherché : au lieu de jongler avec plusieurs mensualités qui pèsent lourd sur votre budget, vous n’avez plus qu’une seule échéance à honorer chaque mois, généralement d’un montant plus faible que le total de vos charges actuelles.
En étalant votre dette sur une période plus longue, chaque mensualité devient mécaniquement plus légère : c’est particulièrement intéressant si vous traversez une période où vos revenus ont diminué ou si vous souhaitez simplement retrouver un peu d’air dans votre budget mensuel.
Cette réduction de mensualité a toutefois une contrepartie : le coût total du crédit sera plus élevé qu’en conservant vos crédits initiaux puisque vous payez des intérêts sur une durée plus longue. C’est un arbitrage à bien avoir en tête.
Une gestion budgétaire simplifiée
Oubliez les multiples prélèvements à des dates différentes et parfois même des conditions différentes d’un crédit à l’autre. Avec le rachat de crédit, vous n’avez plus qu’un seul interlocuteur et un seul contrat à suivre. Vous réduisez ainsi considérablement le risque d’oubli de paiement ou de découvert bancaire lié à un mauvais calage des échéances.
Un budget mieux maîtrisé pour de nouveaux projets
Enfin, en réduisant vos charges mensuelles, le rachat de crédit conso vous redonne aussi une véritable marge de manœuvre financière. Cette respiration budgétaire peut alors être utilisée pour :
- vous constituer une épargne de précaution ;
- financer un nouveau projet (travaux, voyage, naissance, etc.) sans souscrire immédiatement un nouveau crédit ;
- faire face plus sereinement à un imprévu (panne de voiture, frais de santé, etc.).
Le rachat de crédit conso n’est pas qu’une solution « de dépannage » en cas de difficultés : c’est un outil de reprise en main de ses finances personnelles pour repartir sur des bases plus saines et plus sereines pour l’avenir.
Quels sont les critères d’éligibilité pour un rachat de crédit conso ?
Les critères liés à l’emprunteur (revenus, situation professionnelle, taux d’endettement)
Avant d’accepter un dossier de rachat de crédit, les établissements financiers vont naturellement s’assurer que vous serez en capacité de rembourser votre nouveau prêt sur la durée :
- vos revenus : salaires, revenus locatifs, pensions de retraite, allocations diverses… tout ce qui constitue une entrée d’argent régulière et stable sera pris en compte pour évaluer votre capacité de remboursement ;
- votre situation professionnelle : un CDI, une fonction publique ou une activité indépendante bien établie sont généralement des situations rassurantes pour les organismes prêteurs, même si cela ne veut pas dire qu’un CDD, une situation d’intérim ou même de retraite ferme automatiquement la porte. Chaque dossier est étudié au cas par cas ;
- votre taux d’endettement : il correspond à la part de vos revenus mensuels consacrée au remboursement de vos crédits. En général, les banques et organismes financiers considèrent qu’un taux d’endettement raisonnable ne dépasse pas 35 %, bien que ce seuil puisse varier selon votre « reste à vivre » (la somme qu’il vous reste chaque mois une fois tous vos crédits payés) ;
- votre historique bancaire : absence d’incidents de paiement, de fichage à la Banque de France… Un dossier « propre » et sans retard de paiement facilite grandement l’acceptation de votre demande.
Les critères liés aux crédits à regrouper
Au-delà de votre profil personnel, les crédits eux-mêmes que vous souhaitez regrouper doivent également répondre à certains critères :
- le montant total des crédits à racheter : chaque organisme fixe généralement un montant minimum (souvent autour de 1 000 à 3 000 €) et un montant maximum pour les opérations de rachat de crédit conso ;
- la nature des crédits : crédits renouvelables, prêts personnels, crédits affectés ou découverts bancaires peuvent généralement être intégrés, mais chaque établissement a ses propres conditions ;
- l’ancienneté des crédits : certains organismes peuvent être plus vigilants sur des crédits contractés très récemment ;
- le nombre de crédits à regrouper : plus vous avez de crédits en cours, plus l’opération de rachat aura de sens (et d’impact) sur votre budget mensuel.
Quels frais et coûts sont associés au rachat de crédit conso ?
Frais de dossier
Les frais de dossier correspondent à la rémunération de l’organisme prêteur (ou du courtier) pour le montage et l’étude de votre dossier de rachat de crédit. Ils varient généralement entre 1 % et 2 % du montant total racheté, avec parfois un montant plancher ou plafond selon les établissements.
Donc pour un rachat de crédit d’un montant total de 15 000 €, des frais de dossier de 1,5 % représenteraient 225 €. Rassurez-vous : ce montant est généralement intégré directement dans le montant global du nouveau prêt, donc il n’est pas nécessairement à sortir « de votre poche » immédiatement.
Indemnités de remboursement anticipé
Lorsque vous soldez un crédit en cours avant son terme prévu (ce qui est justement le principe du rachat de crédit), l’organisme prêteur initial peut vous facturer une indemnité de remboursement anticipé.
À savoir que la loi encadre strictement ce montant : il ne peut pas dépasser 1 % du capital restant dû si la durée restante du crédit est supérieure à un an OU 0,5 % si elle est inférieure à un an.
Si vous soldez un prêt personnel dont il vous restait 5 000 € à rembourser, l’IRA pourrait ainsi s’élever à 50 € (1 %). Ça paraît peu, mais sur l’ensemble de vos crédits à regrouper, ces indemnités peuvent représenter une somme non négligeable, à intégrer dans le calcul global de votre opération.
Coût global du crédit
Il est important de raisonner en coût global pour bien évaluer l’intérêt réel de votre opération de rachat de crédit, avec :
- le capital emprunté (c’est-à-dire le montant total de vos crédits regroupés) ;
- les intérêts appliqués sur toute la durée du nouveau prêt ;
- les frais de dossier ;
- les éventuelles indemnités de remboursement anticipé ;
- le coût d’une assurance emprunteur si vous en souscrivez une.
Imaginons que vous ayez 20 000 € de crédits à regrouper, actuellement remboursés sur 3 ans avec un taux moyen de 6 %, pour un coût total des intérêts d’environ 1 900 €. En optant pour un rachat de crédit sur 6 ans avec un taux de 4 %, votre mensualité sera nettement réduite, mais le coût total des intérêts sur la durée passera à environ 2 500 €. Vous gagnez donc en confort mensuel, mais le crédit vous coûtera un peu plus cher sur la durée totale.
| Bon à savoir :
Ne vous arrêtez jamais uniquement au montant de la mensualité proposée. Demandez systématiquement le coût total du crédit (TAEG inclus) pour comparer objectivement les offres. |
Comment se déroule la demande de rachat de crédit ?
7 étapes
Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, la démarche de rachat de crédit conso n’a rien de compliqué :
- La simulation en ligne : en quelques minutes, renseignez vos crédits en cours, vos revenus et votre situation pour obtenir une première estimation de votre future mensualité et des économies potentielles.
- Le premier contact avec un conseiller : suite à votre simulation, un conseiller spécialisé vous contacte pour affiner votre projet, répondre à vos questions et vous orienter vers la solution la plus adaptée à votre situation. C’est un échange sans engagement.
- La constitution du dossier : c’est l’étape de la collecte des documents nécessaires.
- L’étude et l’analyse du dossier : votre dossier est ensuite transmis à l’organisme prêteur, qui va l’étudier en détail (vérification de votre capacité de remboursement, de votre taux d’endettement, de votre historique bancaire…).
- L’offre de rachat de crédit : si votre dossier est accepté, vous recevez une offre de rachat de crédit détaillée avec le montant, la durée, le taux, les mensualités et le coût total du nouveau crédit. Pour un crédit conso, la loi prévoit un délai de rétractation de 14 jours calendaires, qui s’exerce après la signature de l’offre.
- Le déblocage des fonds et le remboursement des anciens crédits : une fois l’offre acceptée et signée, l’organisme prêteur se charge lui-même de rembourser directement vos anciens crédits auprès des organismes concernés. Vous n’avez rien à faire de votre côté.
- La mise en place de votre nouveau prêt unique : dès lors, vous n’avez plus qu’une seule mensualité à honorer selon les modalités définies dans votre contrat.
Les documents à préparer
Comptez entre 3 et 6 semaines selon la complexité de votre dossier et la réactivité avec laquelle vous transmettez les documents demandés :
- pièce d’identité en cours de validité (carte d’identité ou passeport) ;
- justificatif de domicile récent (moins de 3 mois) ;
- justificatifs de revenus (3 derniers bulletins de salaire, dernier avis d’imposition…) ;
- justificatifs de pensions ou d’allocations le cas échéant ;
- relevés d’identité bancaire (RIB) ;
- relevés bancaires des 3 derniers mois ;
- tableaux d’amortissement ou contrats des crédits à racheter (avec le capital restant dû pour chacun) ;
- justificatif de situation professionnelle (contrat de travail, attestation employeur, etc.) ;
- justificatif de propriété ou de location (taxe foncière, bail locatif, etc.).
| Bon à savoir :
Votre conseiller vous fournira une liste précise et personnalisée des documents à préparer selon votre profil pour ne rien oublier et accélérer le traitement de votre dossier. |
Comment bien choisir son offre de rachat de crédit ?
Les critères de comparaison
Comme mentionné plus haut, concentrez-vous surtout sur le TAEG (taux annuel effectif global) : contrairement au taux nominal, le TAEG intègre l’ensemble des coûts liés au crédit (intérêts, frais de dossier, assurance obligatoire, garanties éventuelles…). Deux offres avec le même taux nominal peuvent ainsi avoir des TAEG très différents !
Renseignez-vous aussi sur la souplesse du contrat : la possibilité de moduler ses mensualités à la hausse ou à la baisse, des reports d’échéances possibles en cas de coup dur ou encore des conditions avantageuses en cas de remboursement anticipé partiel ou total.
Pourquoi passer par un courtier spécialisé ?
Face à la complexité de ces critères et à la diversité des offres du marché, faire appel à un courtier spécialisé vient avec de nombreux avantages :
- un gain de temps considérable : plutôt que de démarcher vous-même chaque établissement bancaire, votre courtier compare pour vous les différentes offres du marché et vous présente celles qui correspondent réellement à votre profil et à votre projet ;
- une meilleure négociation : grâce à sa connaissance approfondie du marché et à ses relations privilégiées avec de nombreux organismes financiers, un courtier peut négocier des conditions plus avantageuses que celles obtenues en direct ;
- un accompagnement personnalisé à chaque étape : de la simulation initiale jusqu’à la signature de l’offre définitive, le courtier vous guide, répond à vos interrogations et s’assure que vous disposez de toutes les clés pour faire un choix éclairé ;
- une expertise pour décrypter les offres : entre TAEG, coût global, conditions d’assurance et clauses parfois complexes, le courtier sait décoder chaque élément de l’offre pour vous permettre de comparer objectivement.