Rachat de prêts : mode d’emploi
Sitôt le mois commencé votre compte vire au rouge ? Toute votre paie part dans le remboursement de multiples crédits ? Peut-être est-il temps d’envisager de restructurer votre dette en vous faisant racheter tous vos crédits pour les regrouper en un seul. C’est ce qu’on appelle le rachat de crédits. Très en vogue actuellement, la formule présente de nombreux avantages. Revue de détail.
Les uns parlent de rachat de crédits, d'autres de regroupement ou de restructuration de crédits, dans tous les cas le principe est le même : permettre aux particuliers qui accumulent plusieurs prêts à la consommation (revolving, crédit auto, travaux …) et/ou des prêts immobiliers voire d’autres dettes (loyer, impôt), de les regrouper en un seul crédit.
Pourquoi faire ?
Le rachat de prêts permet de réduire le montant de ses mensualités de remboursement et de simplifier la gestion de son budget. Il est donc particulièrement conseillé lorsque :
- Votre dette devient trop lourde. Idéal pour des personnes qui veulent réduire le montant de leurs mensualités de remboursement. Le rachat de prêts permet en effet à des particuliers qui n’en sont pas encore au stade du surendettement, c’est-à-dire dont les revenus permettent de faire face, de « respirer » à nouveau. C’est le cas, par exemple, si vos revenus atteignent 5 000 euros, et vos traites 3 800 euros. Vous avez tout intérêt à vous prendre en main sans attendre, car vous êtes au bord du surendettement. Car attention, passé un certain cap, la spirale peut s’enclencher très vite. Et souscrire un crédit pour en rembourser un autre, comme beaucoup de gens le font, n’est absolument pas une bonne solution. Il faut donc, à ce stade, songer très vite à restructurer sa dette.
- Votre dette s’avère ingérable. Vous cumulez déjà plusieurs prêts. Un vrai casse tête ! Plutôt que de souscrire un énième crédit, vous pouvez alors regrouper les anciens et le nouveau en un seul. La gestion de votre budget s’en trouve immédiatement simplifiée : un seul prêt à échéance et montant unique, c’est toujours plus pratique que plusieurs de montants et de durées différentes !
Dans quels cas ?
Un rachat de prêt peut être notamment envisagé en cas de :
- Baisse des taux. Pour bénéficier d’un financement moins cher, le particulier qui a acheté son logement à crédit lorsque les taux étaient plus élevés peut très bien se faire racheter son prêt par un autre établissement bancaire, seul ou en se faisant aider par un courtier. « Attention cependant au montant des pénalités de remboursement anticipé », met en garde Joël Boumendil, directeur d’ACE, courtier en crédits immobiliers.
- Crédits multiples. De nombreux couples en activité ayant fait construire leur logement et mal estimé le montant des frais annexes, souscrivent au fil des années de petits crédits pour installer une cheminée, refaire les peintures dans la chambre des enfants, installer une cuisine équipée ou acheter des meubles. Leur budget étant déjà serré lors de l’achat de leur maison, tous ces crédits supplémentaires font que progressivement ils ne peuvent bientôt plus s’en sortir.
- Départ à la retraite. Certains retraités ne cernent pas forcément bien leur baisse de revenus. Ayant arrêté leur activité antérieure, ils sont plus sujets à tentation, et souscrivent parfois de petits crédits, ou prennent des cartes dans les magasins, sans toujours vérifier qu’il ne s’agit pas d’une carte de crédit !
- Nouveau projet. Un emprunteur souhaitant financer un nouveau projet, mais ne voulant pas s’endetter davantage, peut choisir de regrouper tous ses crédits. C’est ce qu’on appelle le rachat confort.
- Accidents de la vie. Un décès, un divorce, le chômage, tous ces événements qui bouleversent soudainement la vie d’une personne, et l’entraînent dans des complications financières, peuvent également justifier un rachat de prêt.
Comment ça marche ?
L’établissement qui opère le rachat vous propose de transformer tous vos crédits, dotés de taux d’intérêt, d’échéances et de durées différentes en un seul. L’établissement calcule le montant de vos dettes auprès des différents organismes financiers, et vous prête la totalité de cette somme, avec un seul taux d’intérêt. Avec ce système, fini les prélèvements anarchiques de 100 euros le 3 du mois, puis de 150 euros le 10, puis encore de 200 euros le 20, etc. et la superposition des prêts à des taux de 8, 10, voire 17 % et plus.
A qui s’adresser ?
Au choix, soit directement à votre banque, soit à un courtier comme ACE, qui cherchera pour vous le meilleur financement, comme c’est le cas pour les crédits immobiliers.
A noter
Les banques généralistes sont rarement des spécialistes du rachat - elles vous adressent à des courtiers avec lesquels elles ont l’habitude de traiter. Ce sont plutôt des banques spécialisées qui occupent ce marché (Abbey National, GE Capital Bank, Crédit municipal…)..
Attention !
Que ce soit sur Internet, dans les magazines télé ou les journaux gratuits, nombre de publicités vantent le rachat de crédit, en faisant miroiter de fortes baisses de vos mensualités. Comme dans toutes les affaires d’argent, redoublez de vigilance et privilégiez les agences ayant pignon sur rue.
Combien ça coûte ?
Le coût total d'une telle opération reste élevé. Certes le taux de votre nouveau prêt est plus compétitif que la plupart des taux affichés par les crédits attachés aux cartes de magasins, les découverts bancaires et autres revolving (jusqu'à 8 à 10 points de moins), mais il est aussi plus onéreux (de 2 à 3 points de plus) qu'un traditionnel crédit à la consommation. Comptez aussi avec les éventuels frais d’hypothèque.
A savoir
Le coût d’un rachat de prêt diffère considérablement suivant que votre endettement comprend ou non un crédit immobilier.
- Vous avez un crédit immobilier en cours : il est possible de regrouper tous vos autres crédits à un taux proche de celui du crédit immobilier, ce qui rend l’opération très rentable. Le crédit immobilier est en effet garanti par une hypothèque ou une caution mutuelle, et supporte des taux plus faibles que les crédits à la consommation. On peut ainsi espérer obtenir un taux de 4,5 à 6 % en général pour ce genre de montage. Ce qui est particulièrement intéressant lorsqu’on a souscrit des crédits revolving à des taux compris entre 15 et 19 % !
- Vous n’avez pas de crédit immobilier : le taux consenti sera forcément plus élevé, puisqu’il s’agit de prêts à la consommation. Il faudra alors compter entre 6 et 7 %. De toute façon moins que les crédits revolving.
Pensez-y ! Au coût du prêt, s’ajoutent les honoraires du professionnel si vous faites appel à un courtier pour monter votre dossier. Comptez de 0,5 % jusqu’à 5 % du montant emprunté, suivant les établissements.
Est-ce risqué ?
Le rachat de crédit, c’est bien, sans pour autant être la panacée universelle ! En effet, il n’y a pas de miracle : si le nouveau crédit engendre une mensualité plus légère ce n’est pas seulement parce que le taux d’intérêt est moindre mais également, le plus souvent, au prix d’un allongement de la durée du crédit. Mieux vaut le savoir avant de se lancer. De plus, en regroupant vos crédits autour de votre crédit immobilier, vous vous endettez sur de longues années, avec en gage votre logement. Résultat, « si vous ne pouvez rembourser, vous mettez en péril votre logement », souligne Bernard Vorms, directeur général de l’Anil (association nationale d’information sur le logement). Enfin, de nombreux établissements spécialisés proposent des crédits à taux révisables, taux qui peuvent, par définition, augmenter dans l’avenir. Or, pour restructurer une dette la sécurité des taux fixes reste préférable.
Pensez-y ! Réfléchissez aux comportements qui vous ont plongé dans une situation financière catastrophique. Il ne faudrait pas qu’en regroupant tous vos crédits en un seul, et en vous croyant ainsi sorti d’affaire, vous soyez tenté de reprendre de nouveaux crédits à la consommation. Car le regroupement de crédits ne peut pas se faire à l’infini.
Exemple
Avant regroupement : quatre crédits en cours
Durée restant à rembourser
Après regroupement : un seul prêt
CQFD : Le résultat est immédiat. L’emprunteur rééquilibre son budget et regagne du pouvoir d’achat. Le taux moyen du crédit est inférieur, et en allongeant un peu la durée totale de remboursement, la mensualité peut presque être divisée par deux.
Laurence BARNIER - Août 2007 - © Copyright Rent a NEWS, 2007.