Assurances emprunteur : peut-on choisir ?
Parce que la vie n'est pas un long fleuve tranquille, la souscription d'un prêt immobilier s'accompagne généralement d'une assurance décès-invalidité voire d'une assurance perte d'emploi.
Même si légalement elle n’est pas obligatoire, le banquier conditionne l’octroi d’un prêt immobilier à la souscription préalable d’une assurance décès-invalidité et incapacité temporaire de travail.
A qui s’adresser ?
Jusqu’à une époque récente, vous n’aviez pas le choix. La banque vous imposait son assurance « maison », appelée « contrat groupe », et dotée d’un tarif unique quel que soit votre âge : autour de 0,40 % du capital emprunté généralement.
Certes, en théorie vous aviez la possibilité de proposer un autre assureur à votre banque, on parle de délégation d’assurance, mais en pratique celle-ci s’opposait assez systématiquement à la demande de ses clients.
Toutefois, au cours des dernières années, notamment sous la pression des courtiers en crédits immobiliers, les banques ont assoupli leur position. Désormais, 15 à 20 % des emprunteurs parviennent à souscrire une assurance en dehors du contrat groupe de leur banque. Quel intérêt pour eux ? Financier bien sûr ! Ils gagnent de 0,10 % jusqu’à 0,20 % sur leurs cotisations d’assurance. Soit par exemple une économie qui peut se chiffrer à environ 2 000 euros sur un prêt de 100 000 euros sur 15 ans. Un bémol toutefois. Ces tarifs préférentiels sont réservés aux jeunes emprunteurs (25 à 40 ans) en bonne santé, ne souffrant d’aucune affection, même fréquente comme la dépression nerveuse ou l’obésité notamment.
Attention !
Ne vous bercez pas d’illusions. Certains établissements campent sur leur position et s’opposent encore à la délégation d’assurance.
La garantie décès-invalidité
Cette assurance se substitue à l’emprunteur en cas de décès. Elle prend alors en charge les mensualités restant à verser. Résultat, en cas de décès, la banque est parfaitement garantie - elle est sûre d’être payée-. De leur côté, les héritiers n’ont pas la mauvaise surprise de devoir supporter les remboursements d’un prêt. Le scénario reste le même en cas d’invalidité permanente et définitive, c’est-à-dire si vous ne pouvezplus travailler et si votre état de santé nécessite les soins d’une personne pour vous aider dans les actes de la vie quotidienne.
Notre conseil
La prudence veut, si vous êtes plusieurs co-emprunteurs à rembourser le prêt, que chacun soit assuré en proportion de sa contribution. Vous pouvez alors opter pour différentes formules, soit 100 % sur chaque tête (vivement conseillé pour un couple), l'assureur paie alors la totalité de ce qui reste dû en cas de décès de l'un des assurés, soit 50 %, l'assureur paie alors la moitié, soit 2/3, 1/3…
La garantie incapacité de travail
Elle est censée vous protéger en cas de maladie ou d’accident vous empêchant temporairement d’exercer votre métier. Dans un tel scénario, c’est elle qui prend en charge à votre place le paiement de vos mensualités de crédit.
Pour souscrire ces assurances, il faut être âgé de moins de 60 ans à la date de souscription du prêt et avoir moins de 70 ans en fin de prêt. De nombreux établissements, prenant en compte l'allongement de la durée de la vie, ont cependant repoussé ces limites, moyennant une surprime qui peut quelquefois atteindre jusqu'à 10, voire 15 fois le montant de la prime ordinaire !
A savoir
Si vous êtes atteint d’une affection grave qui vous ferme la porte des contrats traditionnels, pensez à faire jouer la convention AREAS en vigueur depuis le 1er janvier 2007.
Notre conseil
Soyez très attentifs à la lecture du contrat d’assurance, aux délais de franchise et aux exclusions.
- Délais de franchise. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, les indemnités ne sont pas versées immédiatement après votre arrêt de travail : le plus souvent, une période de franchise est prévue, d’une durée minimum de quatre-vingt-dix jours, le plus souvent. La période d’attente peut même parfois atteindre jusqu’à un an ! Du coup, de nombreux malades temporaires se croient couverts par l’assurance, alors qu’ils ne le sont pas.
- Les exclusions. Ces contrats excluent souvent des maladies assez fréquentes, comme le mal de dos, appelé affection « lombo-sciatique » ou des dépressions nerveuses. Or, ces maladies constituent l’essentiel des causes d’arrêt de travail !
Laurence BARNIER - Août 2007 - © Copyright Rent a NEWS, 2007.